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Mokhtar Bakkali

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Mokhtar Bakkali

Galerie g26.ch Bern - Ausstellungen

Mokhtar Bakkali


Mokhtar Bakkali Mokhtar Bakkali Mokhtar Bakkali Mokhtar Bakkali
Mokhtar Bakkali Mokhtar Bakkali Mokhtar Bakkali

Mokhtar Bakkali

Né le 10 août à Asilah (Maroc)
Vit entre Kénitra et Asilah
Photographe, Professeur en Informatique

Principales expositions

    1979
  • « 5ème rencontre culturelle de l’Association Imame Al Assili »
    Palais de la Culture, Asilah (Maroc)

    1986
  • Association Imame Al Assili, Asilah (Maroc)

    1988
  • « Espace et créalivité »
    Arcades du Palais de la Culture, Asilah (Maroc)

    1990
  • Espace Balzac, Kénitra (Maroc)

    1991
  • Centre Hassan II des Rencontres internationales, Asilah
  • « 6ème Rencontre cinématographique de Tétouan »
    Ecole des beaux-Arts, Tétouan (Maroc)

    1994
  • Hommage à Edmond Amran El Maleh
    Centre Hassan II des Rencontres internationales, Asilah (Maroc)

    1996
  • « Itinerrances, Art Contemporain Marocain »
    Université de Toulouse le Mirail-CIAM, Toulouse (France)
  • « Bassit Errabih »
    Bab Doukkala , Marakech (Maroc)

    1998
  • Faculté des lettres Kénitra (Maroc)
  • Galerie Foyer 61
    Bibliothèque universiraire et municipale de Berne, Berne (Suisse)
  • « Actions Culturelles et région du Gharb »
    Faculté des Sciences Kénitra (Maroc)

    1999
  • «Temps du Maroc»
    Maison des Consuls, Saint Céré (France)

    2002
  • Galerie g26.ch Berne (Suisse)

    2004
  • Galerie g26.ch Berne (Suisse)

    2005
  • Institut français - Espace Balsac de Kènitra


Série des allumettes

Les apprentis sorciers ont joué avec le feu. Ils n’avaient aucune chance...

Et c’est un champ d’horreur, un espace de douleur ensablée.

Les voilà donc, filiformes squelettes, noircis de cendres, vaincus et calcinés, tordus

et gangrenés, dans cette posture d’indicible souffrance qui fut leur ultime prière.

Et dans la clarté rousse, comme d’une fin des temps, les quelques survivants, à

l’agonie, se dressent encore et malgré tout, dans un ultime effort, dans un dernier

éclat.

Ils se savent eux aussi condamnés.

Quelques instants seulement de lumière fragile les sépare du néant.

Ils vont aller rejoindre, à leur tour, cet immobile silence de l’envers apeuré du

temps.

Ce que nous donne à voir Mokhtar Bakkali est bien autre chose qu’une simple mise en scène. Ses œuvres forcent notre imagination et nous ouvrent à un espace autre, souvent inquiétant, toujours vibrant, peuplé d’une vie que l’on ne sait comment nommer. Ces présences qui habitent chacune de ces œuvres nous sont à la fois familières et mystérieuses, proches et lointaines. Elles ne nous apparaissent pas comme figées dans l’instant photographique mais bien comme animées de l’intérieur, porteuses d’un langage qui leur est propre et d’une histoire à décrypter. Nous sommes ainsi conduits au sein d’un univers à part entière dans lequel tout concourt à donner à notre regard une puissance visionnaire.

Qu’il se porte sur l’incandescence d’allumettes en combustion, la géographie complexe d’une façade en décrépitude ou l’agressive posture d’une vertèbre de cétacé, l’œuvre photographique de Mokhtar Bakkali consiste à transfigurer d’infimes éléments du réel pour les ériger en mondes autonomes. Il nous appelle ainsi à voir au-delà des apparences et de l’insignifiance, obligeant notre regard à se renouveler. N’est-ce pas là le propre de l’art ?

François TROTET



Exposition photographique : le public kénitréen fasciné par les œuvres de Mokhtar Bakkali

L'activité culturelle de l'Institut français – Espace Balzac de Kénitra a atteint sa vitesse de croisière. En l'espace de deux jours, le public de la ville a été convié à assister à deux manifestations culturelles d'une grande richesse.

Les amateurs de l'art en général et de l'art photographique en particulier, qui ont assisté le 25 janvier au coup d'envoi de l'exposition du photographe Mokhtar Bakkali, ont pu apprécié la qualité artistique des œuvres de cet artiste. Le sens du détail est le dénominateur commun des photographies de cet artiste natif d'Azilah et kénitréen d'adoption.

Ce sens du détail donne à l'œuvre une dimension quasi picturale. Devant les photographies, le visiteur passe de la curiosité visuelle à la contemplation. La grande attractivité qu'exercent les œuvres de Bakkali sur le public trouve en partie son explication dans le sens même que donne cet artiste à sa création.

«Mes photos, déclare-t-il, reflètent mes émotions et mes sensations les plus profondes ». D'une grande discrétion frisant la timidité, Bakkali n'apprécie guère imposer ses œuvres aux salles d'exposition, mais il préfère qu'on l'invite à exposer.

Cela n'a jamais constitué un handicap pour lui puisqu'il a déjà à son actif plusieurs participations dans diverses manifestations culturelles que ce soit au Maroc ou à l'étranger, et notamment en France, en Belgique et en Suisse. Il souhaite que la photographie artistique soit reconnue en tant qu'art à part entière au Maroc, comme c'est le cas sous d'autres cieux.

Il constate en outre qu'à part quelques expériences individuelles, cet art n'arrive pas encore à trouver sa place dans l'activité artistique nationale. (...)

Driss Lyakoubi 02.02.2005
www.lematin.ma




Mokhtar Bakkali - Neue fotografische Arbeiten

Glanzvoll und bunt leuchten diese und jene Gegenstände im Holzregal eines kleinen, beengten Bazar-Ladens: handbemalte Keramikschalen, Garnrollen, Zündholzschachteln, Wandfarbe in Dosen,... Wäscheklammern. All das, was man neben der Nahrung im Alltag so braucht. All das, was verschönert, entsprechend praktisch ist und im täglichen Leben nützt. Neu sind sie, frisch und ungebraucht, vielleicht ein wenig eingesandet und verstaubt. Der Zahn der Zeit nagte noch nicht an ihrer Substanz, zerlegte sie noch nicht in ihre Bestandteile, löste noch nicht ihre Konturen und Formen auf.

In den Fotografien des marokkanischen Künstlers Mokhtar Bakkali steht nicht der neue und makellose, der unschuldige und unverdorbene Alltagsgegenstand im Brennpunkt der Aufmerksamkeit. Bakkali sucht respektive untersucht mit dem Auge der Kamera seine Bruchstücke, seine im Laufe der Zeit entstehenden Fragmente, wie zum Beispiel die verrostete Drahtspirale einer Wäscheklammer oder abbröckelnde Farbe auf einer erodierenden Hausmauer. Im Sinne einer Spurensicherung dokumentiert er sensibel verbleibende Details, rückt sie ins Blickfeld und somit ins Zentrum unserer Wahrnehmung. Auf geradezu malerisch-poetische Weise überliefert er Relikte im Prozess ihrer Auflösung, belebt und erweckt er Überbleibsel, die im Alltag der Zerstörung und dem Vergessen anheim gefallen sind.

Die Farbfotografien gleichen einem Streifzug durch eine fremde, mikrokosmische Welt, der den Blick mal auf dieses, mal auf jenes lenkt. Bakalis Technik ist verblüffend einfach: Er nähert sich den Gegenständen, indem er sich vorsichtig an sie heranzoomt, sie dabei überdimensional vergrössert, mitunter die Perspektive als auch ihre räumliche Anordnung verändert. Auf interessante Weise spielt er dabei bewusst mit scharf konturierten, konkreten Formen und ihrer der Erinnerung und der Vergangenheit preisgegebenen, zeichenhaften Auflösung.

Mokhtar Bakkali tastet sich heran, als seien die Dinge scheue Wesen, die aufgrund ihrer Verletzbarkeit zwischen Nähe und Distanz pendeln, Wesen, die trotz ihrer Dekadenz eine kraftvolle Schönheit ausstrahlen und die uns ihre ganz persönliche, wenn auch nur noch bruchstückhaft überlieferte Geschichte erzählen wollen, eine Version von Tausendundeiner Nacht, von Tausendundeinem Tag. Und wie Scherezâd in ihren Erzählungen im spannungsreichsten Moment innehält und diese unterbricht, so entziehen sich auch die Bildgegenstände einer klaren und endgültigen Wahrnehmung. Ja, es ist dieses hinter einem Schleier verborgene, nicht völlig gelüftete Geheimnis, das fesselt und den Blick verzaubert.

Inge Neugebauer - Mai 2002



Dans l'énormité brouillée du monde

(deux poèmes pour des photographies de Mokhtar Bakkali)

1
L'objet sur lequel s'est arrêté
L'œil de l’appareil photo
Est un bout de ressort rouillé,
Ca se termine aux deux extremités
Par des tiges tordues, en général une fois
A angle droit. Ou bien c’est quelque sorte de vertèbre ou des fragments d’une
plante séchée, dans le premier cas
On pense à un mécanisme de souricière, ce que peut-être est la photo
Laquelle fait semblant de proposer un endroit net de l’image
A notre regard qui cherche une assise,
Alors qu’évidemment la question posée par cette figure d’objet
Fait que nous enfermer mieux dans la couleur et les supports flous
De ce qu’on distingue mal autour d’elle :
On fini par se demander ce qu’on s’imagine voir
En cette figure qu’a visée l’appareil photo et qui ressemble
A une vaine prétention d’être dans l’énormité brouillée du monde ?

2
Le même jeu du net et du flou
Se trouve distribué
Parmi les couleurs (diverses couches de chaux ou de peinture) sur un mur
Dont on devine mal sous quel angle
L’œil du photographe l’a regardé.
Il n’ y a pas de réponse à ce qu’on voit. C’est là donné
A notre œil qui s’interroge et s’étonne
D’un sentiment qui lui vient,
A partir de presque rien :
Que notre vie n’est qu’un peu
De ce qui brille un instant dans cette énormité brouillée du monde

James Sacré, 2002



(…) Concernant les photos de Mokhtar Bakkali, il s’agit d’une ruse création, changeante et répétitive à la fois. Ici, la chosification apparaît avec un éclat particulier. Les objets morts se sont offerts une occasion d’existence dans le concert des symboles.
Les détails dévoilent le caché,, captent le mouvement des vagues et des nuages, pour offrir au visiteur les variations du bleu.
La technique de l’agrandissement, à la manière du chercheur en biologie, rend l’éphémère « géant » (…)

Toulouse 1996, Traduction d’un texte par Mohamed Habib Samrakandi



La photographie dans les démarches artistiques actuelles joue un rôle de plus en plus inportant. La présence de Mokhtar Bakkali au sein de cette exposition essentiellement picturale n’est pas un hasard. Dans l’esprit des artistes ayant une relation forte avec Asilah, lieu exceptionnel de l’art au Maroc, Bakkali exprime par des images simples rigoureusement cadrées les choses élémentaires, mini-paysages, surgissements naturels, excroissances retenues par le regard attentif du poète. Parfois les visions de Bakkali -l’art a ses paradoxes - débouchent sur un rendu volontairement froid et distancié qui représente le monde intime des objets utilitaires hors de leur contexte…Mais ce sont toujours des visions développées par la vie intérieure de l’artiste dans la sérénité d’un «arrière-pays » (Yves Bonnefoy) estompé…

Toulouse, 1996, Bertrand Meyer Himhoff



(...) On ne s’étonnera pas de voir figurer, parmi les peintres marocains, un photographe, Mokhtar Bakkali. On sait, d’une manière générale, que la photographie, après avoir profondément influencé et même modifié dans une large mesure la pratique des peintres, s’est élevée aujourd’hui au rang d’un véritable art. En dehors de toutes considérations techniques, Mokhtar Bakkali, on le voit aborde la photographie avec le regard et la sensibilité d’un peintre. Le grain de la matière, la mémoire d’un mur travaillé, buriné par le temps,, ces paysages intérieurs, ordonnés par la vibration de la couleur et de la lumière, c’est tout un parcours de recherches et de réalisations qui se dit en ces photos. Signe de son talent particulier, son regard s’attache aux détails de la vie quotidienne, tels, par exeemple, cette photo de pinces à linge. Mokhtar Bakkali figure parmi un ensemble d’artistes photographes marocains dont la valeur et la diversité des travaux commencent à s’imposer, inaugurant ainsi de nouvelles perspectives pour le devenir des arts plastiques au Maroc.

Extrait d’un texte d’Edmond Amran El Maleh, intitulé Itinrrances, 1997, pp-168-169, In « Itinerrances, Art Contemporain Marocain, la question de la critique d’art », Horisons Maghrébins, Le Droit à la Mémoire, n° 33-34, Université de Toulouse le Mirail-CIAM, Toulouse.

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